18 juin 2013

ARTICLE 195 (les pièces de monnaie)


Bonjour,
voici un poème en prose de Kirany, une fidèle lectrice du blog.
Bonne lecture !



Les pièces de monnaie


Elles sont innombrables, omniprésentes. Ce sont juste de petits cercles de cuivre, de bronze, d’argent ou d’or. Rien de plus au commencement qu’un minuscule objet parfois chatoyant comme l’eau clair des sources, parfois terni par l’usage et les années, vieillard accablé par le poids du temps. Et pourtant, il conserve toujours sa valeur, jusqu’à ce que d’autres bouts de métal guère très différents le remplacent, conséquence d’un désir grandissant de puissance.

Alors, on en profite, on amasse des montagnes de petits morceaux de fer, cherchant à augmenter son prestige au détriment du bonheur des autres. On leur confie nos projets, nos perspectives, on se repose sur ce métal inconstant, illusoire, ce mirage qui semble pourtant si réel. Ce qui peut, du jour au lendemain, appartenir à un autre.

En attendant, ces médailles mènent une existence bien remplie. Elles vont, viennent, vagabondent, voyagent de main en main, à travers le monde. Elles assistent aux désastres, à la déchéance de leur propriétaire, encore et encore, sans soulager les maux. Mais que faire lorsqu’on ne peut que tinter, cliqueter, attirer les conflits et les convoitises ? A-t-on finalement autant de pouvoir que l’on nous en donne ? En revanche, peut-être que, grâce à un quelconque miracle, elles se montreront capables d’apporter leur aide, selon le bon vouloir de leur maître, pris d’un soupçon de générosité, ou d’une envie subite de redorer son image…

Une chose d’apparence inoffensive tombe dans notre paume, brillante, scintillante, miroir de maintes promesses et merveilles. Et c’est là, sous notre regard subjugué et pourtant aveugle, que l’échange s’effectue, que se réalise le passage de possesseur à possédé, et d’objet à maître. Cette curieuse petite médaille devient reine intransigeante qui dirige ses esclaves, crée des affrontements pour le pouvoir et renvoie à ses sujets une vision accablante de leur médiocrité sans leur laisser une chance de s’y soustraire. Triste réalité qui nous attend à la sortie du rêve !

Mais, en fin de compte, nous n’avons pas notre mot à dire, nulle contestation à exprimer. Après tout, l’argent est roi.




En tout cas, j'adore, et vous ?
Surtout n'hésitez pas à m'envoyer vos textes pour les partager !
Miss Avy

4 commentaires:

  1. J'apprécie beaucoup ta manière d'écrire et se jouer avec les mots. Et également le message véhiculé !
    Bravo à toi et merci pour ton texte.

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    1. Merci à toi pour tes compliments, et pour avoir publié le texte. Cela fait longtemps que j'ai écrit ce poème, et ma manière d'écrire a pas mal changé depuis. En tout cas, je suis ravie que cet écrit te plaise ^^
      Bisous
      Kirany

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  2. Bonjour Kirany,
    Je suis tout à fait d'accord avec Miss Avy.
    Ta manière d'écrire est très plaisante.
    Bravo et continue de nous surprendre.
    Kiss

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    1. Merci beaucoup pour ce compliment, Lila ^^ Ravie que ce petit poème sans prétention t'ait plu.
      Bisous à toi aussi
      Kirany

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